Eoliennes : des conséquences sur la santé ?

Le bruit

Les éoliennes installées aujourd’hui (d’une puissance de 2 à 3 MW) se caractérisent par des émissions sonores de plus en plus faibles.

Le volume sonore d’une éolienne en fonctionnement à 500 mètres de distance s’élève, à l’extérieur d’une habitation, à 35 décibels, soit l’équivalent d’une conversation chuchotée, tandis que le niveau gênant de bruit se situe autour de 60 dB et les premiers risques pour la santé autour de 90 décibels.

En 2013, confirmant les conclusions de son rapport de 2008, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indiquait que « les émissions sonores des éoliennes ne sont pas suffisantes pour générer des conséquences sanitaires directes en ce qui concerne les effets auditifs ».

Une enquête réalisée en mai 2015 pour le SER par l’institut de sondage BVA auprès de 900 personnes vivant dans un rayon de 600 à 1 000 mètres de parcs éoliens révèle que 84% des personnes interrogées estiment que le parc éolien est situé à bonne distance. Interrogés également sur les éléments négatifs d’un parc éolien, 1% seulement des riverains évoque les effets sanitaires des éoliennes. Enfin, seuls 4% ressentent une gêne liée au bruit.

Dans un article publié dans la rubrique « Santé » du Figaro début 2015, le Professeur TRAN BA HUY, Oto-rhino-laryngologiste, membre de l’Académie Nationale de Médecine, qui a étudié la question dans de nombreux pays, explique, au sujet de la perception du bruit des éoliennes par les personnes qui vivent à proximité : « il n’y a pas de lien direct entre la présence d’éoliennes et les troubles fonctionnels allégués ».

 

Les infrasons 

Les infrasons sont émis par le frottement du vent sur les pales ; ils ne présentent pas de risque sanitaire en dessous du seuil d’audibilité, niveau qui nécessite une intensité considérable. Les infrasons émis par les éoliennes sont largement inférieurs au seuil de dangerosité et, même au voisinage immédiat des éoliennes, l’émission d’infrasons est modérée et sans danger pour l’homme :

Les infrasons, dont la fréquence est inférieure à 20Hz, sont audibles et perceptibles par l’oreille humaine à partir de 95 dB(G) en moyenne ;

A 500 m sous le vent d’une éolienne, les niveaux sonores des infrasons mesurés sont inférieurs (60 dB entre 2 et 20 Hz) au seuil d’audition de ces fréquences (95 dB en moyenne).

Les fréquences infrasonores sont atténuées par l’éloignement par rapport à la source (diminution théorique de 6dB par doublement de distance) ;

La réponse du corps humain aux fréquences infrasonores varie en fonction de leur niveau acoustique. Les perturbations physiologiques n’apparaissent que lors d’exposition à des niveaux sonores supérieurs au seuil d’audition de 95 dB(G). L’exposition d’au moins 1 heure à des niveaux d’infrasons compris entre 95 et 130 dB montre une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque. Des stimuli à 85 dB d‘infrasons n’entraînent en revanche aucune perturbation de l’activité cérébrale.

L’ANSES a confirmé en 2013 que les émissions sonores des éoliennes ne génèrent pas de conséquences sanitaires directes, tant au niveau de l’appareil auditif que des effets liés à l’exposition aux basses fréquences et aux infrasons.

 

Les effets stroboscopiques

L’effet stroboscopique est un effet de crénelage temporel observable sous un éclairage intermittent, qui crée une gêne due à une succession rapide d’images qui se succèdent à une vitesse plus courte que la durée de persistance des images rétiniennes. Il n’y a pas de risque avéré de stimulation visuelle stroboscopique par la rotation des pales des éoliennes. Il faudrait pour cela une observation fixe et suffisamment longue pour que les variations d’un faisceau lumineux aussi étroit et lointain que celui fourni par la rotation d’une éolienne entraînent un tel effet. Néanmoins, sur ce risque quasi nul, la réglementation ICPE (article 5 de l’arrêté du 26 août 2011) prévoit également des dispositions protectrices pour la santé des riverains.